Connaître l'énergie dans les systèmes

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Contexte et objectifs

La raréfaction des ressources énergétiques fossiles, la dépendance aux variations du coût des énergies et la lutte face au changement climatique nécessitent d’analyser précisément les différents postes consommateurs d’énergie et les sources d’émissions de gaz à effet de serre (GES) dans les exploitations agricoles, afin de mieux les maitriser. Dans ces circonstances, le programme d’actions ACSE (Air, Climat, Sol, Energie) a été mis en place pour étudier l’impact et la contribution de l’agriculture du Grand Est sur l’Air, le Climat, le Sol et l’Energie, avec l’appui technique du réseau des Chambres d’Agriculture du Grand Est et le soutien financier de l’ADEME et du Conseil Régional.


Ainsi, les Chambres d’Agriculture du Grand Est se mobilisent pour répondre à la problématique de la maîtrise des ressources naturelles et accompagner les acteurs du monde agricole dans la transition énergétique. Une des actions du programme ACSE est ciblée sur l’intégration dans les références agricoles des données énergétiques et climatiques, adaptées aux systèmes d’exploitation. Pour accomplir cette mission, une équipe d’experts est réunie depuis début 2017 afin de mettre en œuvre des actions en faveur de la sensibilisation et la prise en compte des éléments énergétiques et climatiques dans le conseil agricole. Le champ d’expertise de cette équipe couvre les grandes cultures, l’élevage et le maraîchage.

Où en sommes-nous dans cette étude ?

L’objectif de l’étude préliminaire, débutée au cours de l’année 2017, est de disposer de repères régionaux en termes de consommations d’énergie totales et d’émissions de gaz à effet de serre, selon les différents types d’exploitation. Les consommations d’énergie totales en agriculture distinguent deux niveaux : l’énergie directe, utilisée sur l’exploitation, telle que le fioul ou l’électricité, et l’énergie indirecte, mobilisée en amont pour produire et transporter ce qui est acheté par l’exploitation, comme par exemple les engrais ou les aliments pour les animaux.

 

De la même manière, les émissions de GES se situent à deux niveaux entre ce qui est émis directement sur l’exploitation et les émissions indirectes en amont.

La source de l’ensemble des données énergétiques et climatiques collectées à ce jour est Dia’terre®, un outil élaboré par l’ADEME pour évaluer les consommations d'énergie primaires et les émissions de gaz à effet de serre à l'échelle de l'exploitation agricole. Nous avons ainsi caractérisé les consommations d'énergie selon les grands types d'exploitations du Grand-Est, à partir de 383 exploitations, ayant fait l’objet de diagnostics Dia’terre® de 2011 à 2016. Par la suite, des diagnostics issus d’autres outils de diagnostics énergie et gaz à effet de serre pourraient étoffer le jeu de données.

Les résultats de consommation d’énergie totale sont spécifiques à chaque système avec une répartition variable des différents postes consommateurs d’énergie. Toutefois, pour l’ensemble des systèmes étudiés, la consommation d‘énergie indirecte est nettement supérieure à la consommation d‘énergie directe. Les principaux postes consommateurs d’énergie sont les engrais, les aliments pour animaux et le fioul, suivis par le cumul des « autres postes », qui sont très liés aux achats d’animaux, ainsi qu’à l’amortissement des matériels et des bâtiments. De plus, nous avons constaté des variations importantes dans les consommations énergétiques et les émissions de GES au sein d’un même type de système, ce qui sous-tend l’idée que des marges de progrès importantes existent entre des exploitations comparables. Ces marges de progrès devraient cibler préférentiellement la réduction de la consommation d’énergie indirecte.


Cette première phase se conclura par la réalisation de fiches techniques sur les consommations énergétiques et les émissions de GES des systèmes d’exploitation du Grand-Est, prévue pour cet automne. La suite de notre travail consistera à identifier les facteurs pouvant expliquer les variations de consommation d’énergie liées aux pratiques agricoles et ainsi de proposer des leviers d'action efficaces. Nous examinerons l’effet qualitatif et quantitatif des différents leviers sur la réduction des consommations d'énergie et des émissions de GES. Ce travail s’appuiera à la fois sur les expérimentations mises en place dans des contextes agropédoclimatiques variés du Grand Est (Haroué et Terralab), et sur le suivi pluriannuel des exploitations inscrites dans des réseaux ou projets, notamment DEPHY FERME, Carbon Dairy, Agri-Mieux et Auto'N. Ces données constitueront des repères fiables et adaptés à la diversité des systèmes d’exploitation agricole du Grand-Est pour développer des outils de conseil.